"Il arracha le feu au ciel"

Portique de Mulhouse Haute-Alsace

Pour ses agapes d'avril, le portique de Mulhouse avait invité Jean-Marie Schelcher pour parler de la vie et des réalisations de Théodore Deck, natif de Guebwiller en 1823. A l'évocation de son nom, le "bleu Deck" nous vient immédiatement à l'esprit. Dès 1863 la céramique de style oriental fait son apparition et Théodore Deck réussit à mettre au point son bleu persan, surprenant par sa profondeur, son éclat et sa limpidité, en jouant sur l'épaisseur de l'émail.

La vie de ce "magicien des couleurs" débute à Strasbourg chez un poêlier-fumiste, se poursuit par un tour de compagnonnage à Graz, Vienne et Berlin et enfin à Paris. Ce n'est qu'en 1887 qu'il sera nommé administrateur de la Manufacture nationale des porcelaines de Sèvres. Il sculpte, il peint, il réalise des céramiques de très grandes tailles telles au fronton de l'atelier de Nadar ou le Bernard Pallissy à Le Mans. Aujourd'hui encore, les céramiques de Deck sont dans les mains des plus grands collectionneurs du monde. Jean-Marie Schelcher a, bien entendu, relevé que c'est à Guebwiller au musée qui porte son nom que l'on peut admirer les plus belles pièces au monde. Au-delà des objets décoratifs, Deck a réalisé des décors pour les villas comme cette salle de bains que l'on peut désormais admirer au musée. Un chef d'entreprise qui a beaucoup fait pour valoriser les travaux manuels et celui des femmes.

L'intervention de Jean-Marie Schelcher a été écoutée avec une très grande attention, d'autant qu'il a étayé son propos par d'admirables photos retraçant la vie et l’œuvre de ce génie du feu. Pas étonnant donc que sur sa tombe au cimetière Montparnasse à Paris figure ces mots : Eripuit coelo lumen.

Bien entendu, le major-prime Claude Schneider est revenu sur l'exceptionnelle participation des compagnons du portique au passage de la princesse Charlène et du prince de Monaco à Thann pour le 700e anniversaire de l'union matrimoniale de Jeanne de Ferrette et d'Albert de Habsbourg en 1324.

La soirée s'est prolongée par des questions à l'orateur qui a su transmettre avec beaucoup de passion sa connaissance sur le céramiste qui a donné à Sèvres toute sa splendeur.