Autour du four

Portique de Tarentaise

C'est à l’occasion de la fête de la Saint Bernard dans le village de Tincave que le Portique de Tarentaise a remis son don annuel. Dans l’esprit de mettre en avant le patrimoine de nos vallées, le choix du portique s’est porté cette année sur une aide à l’Amicale Tincavaise qui œuvre à la rénovation du four du village. Selon la tradition un office religieux a été célébré dans la petite chapelle St Bernard ouverte pour l’occasion. A la sortie de la messe, comme le veut le cérémonial, un sonneur lançait la cloche à la volée à l’aide d’une corde, tandis qu’une deuxième personne, adossée au clocher sur une échelle, frappait le clocheton en rythme avec un maillet. Les compagnons ont effectué une haie d’honneur à la sortie de la messe avant de visiter le four et ses aménagements.

Lors de la remise du chèque, le Major Prime Freddy Bertin a présenté le Sarto, ses objectifs et a insisté sur l’importance de la préservation de notre patrimoine. La rénovation de ce four en est le symbole. Il est aussi le témoin de la solidarité villageoise traditionnelle et actuelle. En effet, Olivier Maugat président de l’Amicale Tincavaise a précisé que le four était mis en fonction régulièrement et permettait aux habitants de venir se réunir autour de la cuisson de pains ou de pizzas. Un moment d’unité et d’amitié entre les habitants.

Après un apéritif sympathique en compagnie des Tincavais ravis, compagnons Moutiérains et compagnons albertvillois présents ont pu partager un repas le long du Doron de Bozel qui a agréablement rafraîchi l’atmosphère caniculaire de ce mois de juin.

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fete pain1Fête du pain de Mai à Moûtiers

Portique de Tarentaise

C’est le samedi 27 mai, sous un soleil généreux, que Moûtiers Animation organisait la « Fête du pain de Mai », à la fois fête traditionnelle et l’occasion de faire vivre la ville.Pour rappel, cette fête permet de commémorer 600 ans de l’histoire de la cité tarine : le "pain de mai" rattache ses origines à la ville de Moûtiers et à son archevêché au milieu du XIIème siècle. Son existence est liée à l’expression « faire la césure », qui caractérise la période entre le moment où les stocks en grain de l’année précédente sont épuisés, et les premières récoltes de l’année en cour. Cette période, dont le mois de mai était un mois charnière, était souvent confrontée aux famines.

Pierre, archevêque de Tarentaise, dont le siège épiscopal était Moûtiers, prendra une décision innovante pour l’époque : celle de redistribuer sous forme de pains l’impôt versé à l’Église, la dîme, en priorité aux plus pauvres, pour leur permettre de résister physiquement à cette période. Jusqu’à 60 000 pains furent distribués, représentant 2000 pains chaque jour du mois de mai. Le "pain de mai" perdura jusqu’à la révolution, soit pendant plus de 600 ans. Le nom de la rue parallèle à la cathédrale et le tableau représentant la distribution du pain dans le transept rappelle l’institution du Pain de Mai.

La journée a commencé par une messe en la cathédrale par Monseigneur Ballot, très attaché à cette institution : il n’a pas manqué de rappeler lors son homélie que ce tableau figure sur l’image commémorative de son ordination comme évêque. Les pains bénis ont ensuite traversé la ville en procession avant d’être distribués aux habitants. S’y sont joints des pains des diverses communautés de Moûtiers. Un repas a ensuite réuni 120 personnes, avant les animations de l’après-midi, la distribution gratuite de la soupe populaire ayant mijoté toute la journée et le bal populaire qui a mené jusqu’au cœur de la nuit.

Notre compagnon Jean-Paul Bergeri, guide du patrimoine a fait visiter les lieux historiques de la ville. Le Portique de Tarentaise est très heureux de participer depuis plusieurs années à cette journée qui rappelle nos racines et les valeurs d’entraide qui animent la Savoie.


vignesSartorie des Vignes : de l’eau dans le vin…

Portique de Tarentaise

Le samedi 6 mai, compagnons du Portique de Tarentaise, d’Albertville et membres des Vignes de Tarentaise se sont retrouvés chez notre compagnon Marc Vullien pour découvrir la viticulture dans la combe de Savoie. La combe de Savoie qui va de Freterive à Montmélian rive droite de l’Isère et jusqu’à Laissaud rive gauche, est une vaste vallée en auge creusée par le grand glacier des Alpes. Les vignes de Marc sont situées sur un coteau argilo-calcaire (calcaire des Bauges et argile amené par le glacier). Ce qui donne un terroir permettant de cultiver raisin blanc et rouge. Lieu favorisé par une exposition ensoleillée (Sud/Sud-est) et favorable puisque les montagnes bloquent le vent du nord.
Tout est donc réuni pour faire du bon vin !!!

vignes1Après nous avoir fait une démonstration du matériel utilisé (en particulier le chenillard pour travailler en pente dans les vignes étroites), nous avons visité les parcelles que Marc cultive dans le village voisin de Saint Jean la Porte. L’occasion pour les vignerons d’échanger sur les différents modes de culture et surtout de taille de la vigne : ici taille « en corne » pour réduire la quantité et améliorer la qualité. En effet, plus les raisins sont proches du cep, meilleurs ils sont.

Puis nous sommes allés visiter le domaine de la Méjane, où nous avons gentiment été accueillis par Anne Bellemin, pour découvrir le « Hibou noir » cher au cœur de Marc. Plan ancien, planté sur une parcelle mise à disposition du Syndicat des Vins de Savoie, il a beaucoup intéressé les vignerons de Haute Tarentaise : certain envisagent de le planter sur les coteaux d’Aime. L’arrivée de la pluie nous a chassés des lieux !!!

Après un apéritif aux « Tartères » où Marc nous a fait déguster sa Mondeuse blanche et la cuvée Françoise, nous avons rejoint le Musée de Grésy pour déguster les spécialités locales, particulièrement les attelets. Les plus enthousiastes ont pu visiter l’écomusée.

Marc nous a aussi rappelé que la combe de Savoie produit actuellement le quart des vins du département (un million de bouteilles) sur 500 hectares par une vingtaine de vignerons professionnels. Un grand merci à Marc et Françoise Vullien pour leur accueil chaleureux.

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telepheriqueSartorie du Téléphérique : sensations fortes !!

Portique de Tarentaise

Décidément le temps est favorable au portique en ce début de printemps !!  En effet, c’est par une journée chaude et ensoleillée que s’est déroulée la Sartorie du Téléphérique le samedi 8 avril.

Technicité et paysages étaient au rendez-vous. Nous nous sommes rendu à Peisey Nancroix où Bruno Moris, le directeur technique et Raphael, un des techniciens, nous ont fait découvrir les coulisses du Vanoise Express.

Commencée en 2001, l’installation a été inaugurée en 2003. C’est une remontée mécanique de type double téléphérique monovoie à va et vient : chaque voie dispose d un fonctionnement indépendant le l’autre. C’est jusqu’à ce jour, une installation unique au monde : 1800 m de câbles reliant Peisey-Vallandry à La Plagne, sans pylône. Deux câbles porteurs et un câble tracteur entraînent deux cabines pouvant contenir 187 personnes chacune à une vitesse maximum de 12.5m/s (45 km/h).  Soit un poids de 15 tonnes à vide et 15 tonnes de charge.

telepherique1La traversée s’effectue en 4mn30, et l’installation récente d’une vitre au sol permet aux amateurs de sensations de contempler verticalement la vallée 400m au-dessous.  Si certains d’entre nous étaient peu rassurés devant le vide, la visite nous a permis de constater que la sécurité était le maître-mot de la conception (par Pomagalski) et de l’exploitation.  Le câble conçu spécialement pour l’installation car la cabine roule dessus, mesure 75mm de diamètre, soit un poids de 30 kilos par mètre. Il tourne autour de gigantesques poulies de 4.20m de diamètre entraînées par des moteurs électriques. En cas de panne, des groupes électrogènes et un moteur de secours peuvent prendre le relai. Ceux-ci sont régulièrement testés pour en vérifier le bon fonctionnement.

C’est notre Major Prime Freddy Bertin qui a réalisé les systèmes hydrauliques des quais (qui s’abaissent et se montent à chaque départ et arrivée) et des freins. C’est donc rassurés que nous avons effectué l’aller-retour qui a été l’occasion d’admirer la vue sur la vallée, le Mont Blanc et le Col du Petit Saint Bernard.

Un repas convivial nous a ensuite réunis chez notre compagnon, à la Bergerie de Raphael. Nous nous sommes régalés de son pot au feu, tout en devisant sur la beauté de nos montagnes.


sartorie eauSartorie de l'eau

Portique de Tarentaise

Nous aurions voulu le faire exprès, mais ce n’était pas de notre ressort !! Quand nous sommes arrivés à Méribel, il faisait un magnifique soleil sur la neige qui était tombée durant la nuit : des paysages de rêve que beaucoup ont photographiés. Marche dans la neige et traversée du Doron, arrivée devant un superbe chalet de pierres et de bois : non, ce n’est pas un logement ! C’est l’installation d’ultrafiltration d’eau de la vallée de Méribel que nous a fait découvrir Albert Mibord, le responsable technique local. Pas moins de 35 compagnons ont écouté avec une grande attention ses explications.

L’installation, unique en Europe, a été inaugurée en décembre 2014 dans le but de fournir de l’eau potable aux villages de la vallée pour les 30 années à venir. Les besoins de la station nécessitaient une installation capable de fournir de l’eau potable aux habitants et aux touristes de Méribel. En effet, si la distribution d’eau est de 500 000 m3 par an, elle peut atteindre 70 litres/seconde les moments de forte affluence en février.

sartorie eau1En amont, il a fallu effectuer deux forages dans les nappes phréatiques, le puisement dans le Doron ne suffisant pas. Au total, ce sont 58 captages protégés qui existent : ils nécessitent 8 km de protection et 17 ha à entretenir pour éviter la pollution de l’eau.

Le procédé de purification est spécifique : l’eau passe dans des cylindres contenant des membranes en PolyEtherSulfone (dont la surface est égale à la distance Méribel/Milan) à 2,5 barres de pression. Les pores de ces membranes sont de 0,02 microns (soit 10 000 fois moins que les pores de la peau) ce qui permet de retenir même les virus mais de conserver les sels minéraux. Il y a donc aucun ajout de produits chimiques dans l’eau.
Les installations ont coûté 1,9 milliard d’euros en vue de préparer les 30 années à venir et permis à la commune d’obtenir la Marianne d’or de l’environnement.

…Et de la neige

Puis nous nous sommes dirigés vers l’usine de culture de neige de la Chaudanne où Bernard Etiévent, nivoculteur, nous a fait visiter les installations de production de neige. Cinq compresseurs de 450 kilowatt produisent 3600m3 d’air qui mélangé à de l’eau, fabriquent des billes de glace de 0,7 à 0,8 mm. 500 enneigeurs sur les pistes pulvérisent un volume total de 800 000 m3 de neige par an (au total une distance de 800 km sur une largeur de 10 m et une épaisseur de 10 cm). L’eau provient du Doron et de deux retenues collinaires de la station. L’installation est prête à fonctionner dès le 1er novembre quand les conditions météo sont favorables, c’est à dire des températures négatives. Le réseau est géré par une vaste centrale. Une neige qui revient à 1,5 euros le m3 sans le damage. Un prix à payer pour satisfaire les nombreux skieurs de la station.

La journée s’est achevée par un superbe repas gastronomique au restaurant « L’Orée du Bois », où notre compagnon Claude et son épouse Nicole nous ont réservé le meilleur accueil.

Ce sont donc 35 compagnons repus et heureux qui sont redescendus dans la vallée avec de belles images dans la tête.


sartorie painSartorie du Pain

Portique de Tarentaise

Les compagnons (cum panis) sont ceux qui mangent le même pain.

C’est cette histoire du pain que notre compagnon Jean-Paul Bergeri nous a contée le 12 février dernier au musée de Moûtiers. Si aujourd’hui, nous mangeons en moyenne 150 g de pain par jour, il y a 200 ans le Savoyard en consommait 1,5 kilogramme. C’était donc la base de la nourriture. Voilà pourquoi une journée sans manger était longue « comme un jour sans pain »… Pain mangé « trempé » avec du bouillon.

Dès l’antiquité, le pain est partout. Il faut dire que les hommes en consomment dès le néolithique, quand ils sont devenus agriculteurs.

L’histoire du pain est liée à un certain nombre d’éléments essentiels : Une bonne terre, suffisamment chaude et humide, le travail des hommes et des outils.

sartorie pain1D’abord le bâton à fouir, puis l’araire, liée à la révolution des métaux qui date de - 4000 ans dans les Alpes.  Ce sont les Allobroges qui ont amené le fer permettant la création de socs solides. Mais il faut attendre le Moyen-âge pour voir l’invention de la charrue à versoir, plus efficace. Cependant l’araire a été utilisé encore récemment par les paysans savoyards, particulièrement dans les vignes.

En Savoie, les agriculteurs étaient nommés « les porteurs de terre » : la difficulté du travail dans nos montagnes est la pente, et hommes et femmes devaient chaque année remonter en haut des champs la terre qui avait une fâcheuse tendance à descendre. D’où ce pénible travail s’effectuant avec un « casse cou ». La moisson en août se pratiquait à la faux et, le plus souvent, à la faucille pour éviter la perte des grains. Le battage au fléau était l’occasion d’entonner des chansons spécifiques afin de travailler en cadence. La paille servait de litière pour animaux et hommes (les paillasses), de toitures ou pour confectionner des chapeaux. Chapeaux de paille que notre compagnon Sophie Braissand a réappris à fabriquer à de jeunes filles de la vallée des Allues.

La céréale la plus cultivée dans nos montagnes était le seigle, plus rustique, plus résistant au gel. Les champs pouvaient monter jusqu’à 1400 m d’altitude. Le pain blanc était le pain de Noël, lors des 12 jours entre Noël et l’Epiphanie. En cas de disette il n’était pas rare d’y ajouter du son, voire coquilles de noix ou sciure dans des cas désespérés. Communauté villageoise comme le bâchal, les alpages et la forêt. Les familles effectuaient un roulement selon un règlement propre à chaque village. Le pain était stocké dans des greniers construits à côté de la maison.

Greniers dans lesquels on conservait pains, grains, habits du dimanche et papiers importants : cela permettait de sauver l’essentiel en cas d’incendie. De magnifiques sont encore conservés à Boudin, près de Beaufort.

Cette année, le Portique de Tarentaise a fait le choix de poursuivre son action vers le patrimoine local en aidant au financement de la rénovation du four banal du superbe village de Tincave.

Cette conférence de notre compagnon Jean-Paul nous a confortés dans la justesse de cette option en nous rappelant la valeur d’un produit qui nous paraît aujourd’hui si commun.

Les compagnons ont terminé par un repas (avec du pain maison !!) au Coq Rouge à Moûtiers où Sophie et Patrick nous ont régalés.