Le Sarto mène l’enquête
Portique de Tarentaise
« On a retrouvé le vrai Coq Rouge : le gentilhomme libertin, Claude Antoine d’Avallon 1746/1804 ».
C’est une enquête historique que les compagnons du Portique de Tarentaise du Sarto ont découvert avec la conférence de Jean-Paul Bergeri dimanche 16 mars dans l’ancien salon royal de l’évêché. En effet, les registres des actes de baptême de la paroisse de Moûtiers font mention à plusieurs reprises de naissance d’enfants dont la paternité est reconnue par le même homme : Claude Antoine d’Avallon. Qui est-il ? Descendant d’une vieille famille noble de la vallée, les « Redelet d’Avallon de St Paul. La famille possédait des terres à St Paul, à Rognaix (dont de nombreuses vignes), des moulins … Et une maison à Moûtiers où celui-ci s’installe après son mariage. Un « beau » mariage puisque sa future, Marie d’Ugit-Pinat, originaire de Queige apporte une dot conséquente : 8 000 livres dont 1000 de trousseau et vêtements (à noter qu’une vache valait environ 50 livres). Si avec sa femme légitime il n’aura pas d’enfant, il en aura avec 3 femmes différentes, toutes domestiques chez lui. Parfois deux la même année, comme en 1781 (Thérèse et Hyppolite) et 1782 (Jean-Claude et Marguerite) !! Au total, 8 enfants ont été découverts par les registres, tous reconnus. Aujourd’hui, on appellerait ce mode de vie un « trouple » !!! Mais la femme légitime avait du mal à supporter la situation, et se plaint que Claude Antoine boit et est violent.
On trouve aussi des traces de Claude Antoine dans les registres judiciaires : en 1789, il est jugé par le Sénat de Savoie pour vie libertine, usure et trafic de grains. Il est conduit à la forteresse de Myolan qui faisait office de prison d’Etat pur la Savoie. Il la quitte en septembre 1792, lors de l’invasion française, les révolutionnaires vidant la prison. Un an après, nouveau procès pour « vie dissolue ». Il est condamné à la déportation en Guyane mais y échappe avec la chute de Robespierre. D’autres sources montrent un homme violent, dont les voisins se plaignent des insultes et divers coups de canne, « dont il est coutumier, surtout lorsqu’il a bu ». Claude Antoine d’Avallon habitait rue Sainte Marie. C’est le fameux « Coq Rouge », dont le passage porte le nom : « Coq Rouge » car colérique et violent, et coq qui vivait au milieu de ses poules…
Les compagnons ont ensuite partagé un repas convivial au restaurant « la Voûte »















