Couscous et conférence au Portique Ducal
Portique Ducal Chambéry
Le Major Prime de Ducal, Premier Vice-Chancelier de la Compagnie du Sarto, Gilbert Berruezo, savait qu’il pouvait faire se déplacer ses amis et Compagnons en leur proposant asile et sureté. Asile au bocage avec un repas couscous délicieux. Vérité sur l’un de nos créateurs un peu facétieux et original.
Nous étions 56 Compagnons peut être davantage. Mado a compté par deux fois dans la salle du bocage. Peut-être Ami lecteur n’y étiez-vous pas et c’est pour vous regrettable mais chacun comprendra « Force aux aléas de la vie ou de ses contingences » et saura excuser cette absence. Le bourdonnement et les rires dus aux retrouvailles cessèrent lors de la présentation de Nouria la cuisinière et de Liam son fils de vingt ans l’aidant dans son travail. Une fois servis cela modifia l’atmosphère. Le silence est la récompense dit-on de la cuisinière. Il était de mise naturellement. Les Compagnons ont dégusté ce couscous royal qui n’en avait pas que le nom, c’était un régal. Certains, gourmands ou gourmets, ont accepté d’être resservis bien sur j’en fis partie ! Ensuite une excellente tarte aux pommes en dessert suivi d’un café et d’un alcool fort amené par Gilbert. Euphorie légère !! Tout cela incitait à la sieste mais il nous fallait changer de pièce. Une fois Nouria et son fils remercié par des applaudissements nourris (on peut le dire) chacun trouva une place dans la salle de conférence. Et là je dois dire ma honte à postériori. Assis près de Jeannot, bronzé du soleil du Sénégal, je remarquais sa position. Droit, les yeux dirigés vers l’écran de projection mais fermés !! J’ai souris, la sieste pour lui venait de commencer. Gilbert nous présentait alors les intervenants.
Madame Frieh-Giraud historienne et conférencière, Jacques Colladin assisté de Françoise Darlet tous deux de l’association du patrimoine de Tresserve. Les images ont commencé à défiler sur l’écran suivies ou précédées des commentaires de la conférencière qui présentait son livre intitulé « Cyril Constantin artiste Singulier ». Nous allions tout connaitre de ce personnage un des premiers créateurs du Sarto en compagnie d’Ernest Luguet. Je ne sais pas à quel moment j’ai involontairement décroché et rejoint Jeannot dans les affres de la sieste mais je n’ai pas entendu la fin de la conférence. La honte !!! J’ai quand même retenu certaines choses que voici.
Il est né le 8 juin 1904 à Chambéry dans une famille originaire de Maurienne et vécu à Aix les Bains auprès de ses parents qui tenaient un magasin de vêtements de travail intitulé « Au Grand empereur Constantin ». Sportif il fut aussi un inventeur hors norme construisant son propre avion, déposant de nombreux brevets issus de son invention dont un moteur fonctionnant au gasoil ! Je vais résumer en quelques mots, est-ce possible, ce que fut ce grand homme. Peintre, sculpteur, inventeur je l’ai dit, découvreur de techniques innovantes. Face aux demandes parisiennes ou il a exposé il décide que l’art et la Savoie seront son univers et s’installe a Tresserve. C’est dans cette maison à usage à la fois d’habitation et d’atelier (une fois agrandie) qu’il dénommera « l’empire de Cyrilie » et s’en proclamera l’Empereur qu’il invente sans cesse. La peinture au métal en fusion (avec un chalumeau), il tourne le bois et fait des totems à visage humain, découvre le « Cyrilium » alliage de matériaux mystérieux avec lequel il crée de surprenantes sculptures. Je dois enfin noter que, parmi tout cela, Le 27 août 1955, en hommage à la gastronomie savoyarde, il organise la cérémonie de création du SARTO sur la terrasse de la Cyrilie.
Je me suis arrêté d’entendre (ou assoupi) après la « Cyrilovision » procédé unique de projection de lumière colorée destiné à animer des œuvres d’art qui prennent vie et vous voudrez bien m’excuser. En fait ce sont les applaudissements nourris (encore) de fin de présentation qui m’ont sorti de ma léthargie passagère. Jeannot aussi je crois bien ! La solution pour vous absents ou dans l’impossibilité de vous joindre à nous c’est la lecture du livre de Madame Frieh-Giraud ou de visiter le mini musée en Mairie de Tresserve en attendant que la maison de l’artiste et son musée qui comportait un nombre important de vitrines (67) présentant ses créations soit restaurée. On ne peut que remercier Gilbert Berruezo d’avoir provoqué cette rencontre.
Roland Covarel